Lundi 2 novembre, un client règle sa commande depuis son compte Wave vers le numéro Orange Money de votre livreur. Ce transfert devra passer par PI-SPI, la plateforme de paiement instantané de la BCEAO (BCEAO). Si le client a déjà envoyé plus de 8 000 FCFA dans la journée, son établissement pourra lui facturer jusqu'à 0,8 % du montant hors taxes (BCEAO). Vous, vous ne paierez rien pour le recevoir (BCEAO).
C'est l'effet direct du communiqué publié par la Banque centrale le 2 octobre (BCEAO). Voici ce qu'il dit, ce qu'il change pour une PME qui encaisse en mobile money, et ce qu'il faut vérifier d'ici là.
PI-SPI, en deux phrases
PI-SPI est une infrastructure régionale qui relie les banques, les opérateurs de monnaie électronique, les institutions de microfinance et les établissements de paiement des huit pays de l'UEMOA (Togo First). Elle permet d'envoyer de l'argent instantanément d'un réseau à un autre, sans que l'expéditeur et le bénéficiaire soient chez le même opérateur (Togo First).
Lancée le 30 septembre 2025, elle compte 175 participants connectés et donne accès au paiement instantané à plus de 38 millions de personnes, selon la BCEAO (BCEAO). La Banque centrale a publié le 30 septembre 2026 la liste de ces 175 établissements autorisés à ouvrir le service au public (Financial Afrik). Ils étaient 104 deux mois plus tôt (Financial Afrik).
En Côte d'Ivoire, Orange met en avant un QR code universel : un client d'Orange, de MTN, de Moov ou d'une banque scanne le même code pour payer en magasin (Orange Côte d'Ivoire). Wave a lui aussi rejoint la plateforme en Côte d'Ivoire et au Sénégal, d'après AfriqueITNews (AfriqueITNews).
PI-SPI BCEAO : ce qui devient obligatoire le 2 novembre
Le communiqué fixe les règles suivantes, applicables à compter du 2 novembre 2026 (BCEAO) :
- les transactions de monnaie électronique interopérables, c'est-à-dire entre deux établissements différents, passent obligatoirement par PI-SPI ;
- à l'envoi, les transferts nationaux sont gratuits tant que leur cumul quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA, par utilisateur et par établissement, sans limite du nombre d'opérations ;
- au-delà de 8 000 FCFA, l'établissement peut facturer entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes ;
- à la réception, tout est gratuit, quel que soit le montant.
Selon la BCEAO, ce seuil de 8 000 FCFA couvre 75 % des transactions de monnaie électronique dans l'Union (BCEAO). Une autre règle arrive plus tard : à partir du 1er juin 2027, les transferts entre pays de l'UEMOA suivront les mêmes conditions que les transferts nationaux (BCEAO).
Attention au mot « cumul ». Agence Ecofin donne l'exemple d'un client qui envoie 5 000 FCFA le matin puis 4 000 FCFA l'après-midi : il dépasse le seuil (Agence Ecofin). Découper un gros paiement en petits envois ne sert donc à rien.
Attention aussi au champ du texte. Il vise les transferts entre personnes physiques : entre un compte bancaire ou de microfinance et un portefeuille mobile, ou entre deux établissements de monnaie électronique ou de paiement (BCEAO). Il ne fixe aucun tarif pour les paiements marchands, ni pour le QR code en boutique, ni pour l'encaissement sur un site. Pour ces cas-là, la réponse viendra de votre prestataire.
Ce que cela change pour votre encaissement
Le paiement à la livraison
Beaucoup de PME encaissent sur le numéro personnel du gérant ou du livreur. Ce sont des transferts entre particuliers, exactement ce que vise le communiqué. Si le client et le livreur ne sont pas chez le même opérateur, le paiement passe par PI-SPI (BCEAO).
Sur une commande de 25 000 FCFA, le client peut payer jusqu'à 0,8 %, soit 200 FCFA hors taxes, et le livreur reçoit gratuitement (BCEAO). C'est peu. Mais un client qui découvre des frais devant votre livreur discute, ou remet l'achat à plus tard. Mieux vaut le prévenir au moment de la commande.
Pour un panier sous 8 000 FCFA, rien ne bouge pour le client, à condition que ses autres envois du jour ne lui aient pas déjà fait dépasser le seuil (BCEAO).
La boutique en ligne
Si votre site encaisse via un agrégateur (le prestataire qui relie votre boutique aux opérateurs mobile money et aux cartes), il s'agit d'un paiement marchand. Les nouvelles règles tarifaires ne le visent pas directement (BCEAO).
Ce qui va bouger, c'est l'offre. D'après AfriqueITNews, la BCEAO a homologué en septembre 2026 des « API Business » (AfriqueITNews). Une API est une prise technique qui permet à deux logiciels de se parler. Celles-ci permettraient aux entreprises d'encaisser leurs clients, de régler leurs fournisseurs, de faire des paiements de masse et d'envoyer des demandes de paiement directement sur le mobile du client (AfriqueITNews). Les agrégateurs vont donc proposer de nouvelles options, avec leurs propres conditions, à vérifier prestataire par prestataire.
Les transferts entre vos propres comptes
Vous videz chaque soir votre compte Wave vers votre Orange Money ou votre banque ? Si ce portefeuille est à votre nom personnel, le transfert relève des nouvelles règles : au-delà de 8 000 FCFA cumulés dans la journée, votre établissement peut prélever jusqu'à 0,8 % (BCEAO). Sur 500 000 FCFA, cela représente au plus 4 000 FCFA hors taxes (BCEAO).
Même logique pour les remboursements clients ou le paiement des livreurs depuis un portefeuille personnel : c'est vous qui envoyez, donc c'est vous qui payez au-dessus du seuil. Pour un compte au nom de la société, le communiqué ne dit rien ; demandez la grille écrite à votre établissement.
Les clients ailleurs dans l'UEMOA
À partir du 1er juin 2027, un client de Dakar ou de Lomé qui vous paie par transfert bénéficiera des mêmes conditions qu'un client d'Abidjan (BCEAO). Si vous vendez déjà dans la sous-région, notez la date dans votre agenda commercial.
Les points à vérifier avec votre agrégateur de paiement
Une demande écrite, envoyée cette semaine, vous fera gagner du temps. Posez ces questions :
- Votre agrégateur, ou l'établissement qui tient votre compte, fait-il partie des 175 participants autorisés (Financial Afrik) ? Selon la BCEAO, la liste se consulte sur son site et sur celui de PI-SPI (Digitalmag).
- Quels moyens de paiement seront actifs le 2 novembre : QR code PI-SPI, paiement par alias (un identifiant qui remplace le numéro de compte), Wave, Orange Money, MTN, Moov, cartes ?
- Quelle sera la grille tarifaire écrite des paiements marchands après le 2 novembre, remboursements compris ?
- Quel délai de reversement sur votre compte ? La confirmation automatique des commandes, c'est-à-dire le message que l'agrégateur envoie à votre site quand un paiement réussit, reste-t-elle identique ?
- L'extension de paiement installée sur votre boutique, sous WooCommerce ou ailleurs, doit-elle être mise à jour ?
- Qui joindre, et comment, si des paiements échouent la première semaine de novembre ?
Les points à vérifier sur votre tunnel d'achat
Le tunnel d'achat, ce sont les étapes entre le panier et la confirmation. Si vous voulez le revoir en entier, notre article sur le tunnel de vente digital détaille chaque étape. Pour l'échéance du 2 novembre, cinq contrôles suffisent :
- Passez une vraie commande depuis chaque opérateur avant le 2 novembre, puis refaites l'essai le 2 ou le 3.
- Relisez la page de paiement : logos à jour, consignes claires. N'écrivez « payez depuis n'importe quel opérateur » qu'une fois la promesse confirmée par votre prestataire.
- Mettez à jour votre FAQ et vos conditions de vente : qui paie quels frais en paiement à la livraison.
- Si votre prestataire le propose, donnez à vos livreurs un QR code marchand plutôt qu'un numéro personnel. Vous séparez la caisse de l'entreprise de l'argent privé, et chaque paiement est tracé. Faites-vous confirmer son tarif.
- Surveillez les paiements échoués et les paniers abandonnés pendant les deux premières semaines de novembre.
Ne rien faire a un coût simple à imaginer : des commandes bloquées au paiement, des clients surpris par des frais, des livreurs qui rappellent pour savoir si l'argent est arrivé.
Par où commencer cette semaine
Envoyez vos six questions à votre agrégateur, puis planifiez une série de commandes test avant la fin octobre. Si votre boutique tourne sous WooCommerce et que vous préférez faire ce contrôle à deux, l'équipe Solutions e-commerce de DiGit Summit peut tester votre tunnel et mettre à jour vos modules de paiement, puis en assurer le suivi avec l'offre sécurité et maintenance web. Pour en parler, écrivez-nous.
Questions fréquentes
Mes clients paieront-ils des frais pour me régler après le 2 novembre ?
S'ils vous paient par transfert depuis un autre opérateur, l'envoi reste gratuit tant que leur cumul de la journée ne dépasse pas 8 000 FCFA chez un même établissement. Au-delà, leur établissement peut prélever entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes. Vous, vous recevez gratuitement. Pour un paiement marchand via un agrégateur, le communiqué ne fixe pas de tarif : demandez la grille à votre prestataire.
Le plafond de 8 000 FCFA s'applique-t-il à chaque transfert ?
Non. C'est un cumul quotidien, calculé par utilisateur et par établissement. Le nombre d'opérations n'est pas limité, mais découper un gros paiement en plusieurs petits envois ne permet pas d'échapper aux frais.
Un transfert d'Orange Money vers Orange Money est-il concerné ?
Le communiqué de la BCEAO vise les transactions interopérables, c'est-à-dire entre deux établissements différents. Pour un transfert qui reste chez le même opérateur, ce sont les tarifs de cet opérateur qui comptent : vérifiez-les directement auprès de lui.
Dois-je changer d'agrégateur de paiement avant le 2 novembre ?
Pas forcément. Vérifiez d'abord qu'il fait partie des participants autorisés à PI-SPI ou qu'il passe par un établissement qui l'est, quels moyens de paiement il proposera et quelle sera sa grille tarifaire. Une réponse écrite à ces questions suffit à décider.
Qu'est-ce qui change pour mes clients des autres pays de l'UEMOA ?
À partir du 1er juin 2027, les transferts entre pays de l'UEMOA suivront les mêmes conditions que les transferts nationaux : gratuité à l'envoi sous le seuil quotidien de 8 000 FCFA et réception gratuite. Un client de Dakar ou de Lomé vous paiera alors aux mêmes conditions qu'un client d'Abidjan.
Sources
- BCEAO, Transactions de monnaie électronique entre personnes physiques par l'intermédiaire de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI) de l'UEMOA (2 octobre 2026)
- Togo First, Transferts monétaires interopérables : la BCEAO rend PI-SPI obligatoire pour les particuliers dès novembre 2026 (5 octobre 2026)
- Financial Afrik, BCEAO : liste des 175 participants autorisés à ouvrir les services de PI-SPI au public au 30 septembre 2026 (1 octobre 2026)
- Financial Afrik, La BCEAO rend PI-SPI obligatoire, revoit ses tarifs et pose enfin la question de nouveaux services financiers adossés à la plateforme (4 octobre 2026)
- Orange Côte d'Ivoire, Intéropérabilité : payez sans frais de transactions !
- AfriqueITNews, Wave intègre le PI-SPI et la BCEAO cible désormais les paiements d'entreprises (5 octobre 2026)
- Agence Ecofin, Paiements numériques : la BCEAO revoit les règles de PI-SPI alors que Wave rejoint le réseau (5 octobre 2026)
- Digitalmag, Gueye Fatou Dieng (PI-SPI) : « Ne sont connectées au système d'interopérabilité que les institutions régulées par la BCEAO »
Photo : IqbalStock / Pixabay
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